Quand cherche-t-on à évaluer ?

Dans le monde de l’entreprise, on cherche à évaluer :

  • en cas d’acquisition majoritaire ou minoritaire de parts de société,
  • en cas d’augmentation de capital, de fusion, d’apport partiel d’actif ou de liquidation,
  • en cas de cession de fonds de commerce ou de cession globale de l‘entreprise,
  • en cas d’OPA, d’OPE, d’introduction en bourse, de nationalisation ou de privatisation.

L’évaluation d’une société est nécessaire pour toutes les opérations de transfert de propriété.

Comment bien évaluer ?

Une évaluation conduit à la fixation d’un prix et fait intervenir de nombreux acteurs principalement acheteur(s), vendeur(s), organismes financiers mais aussi fournisseurs, clients, salariés, organismes sociaux, état, associés ou actionnaires …

Acheteurs et vendeurs, parce qu’ils utilisent des techniques différentes, parce que leurs perspectives sont différentes, trouvent généralement des fourchettes de valeurs différentes et par déduction un prix différent.

Il s’agit de trouver le point d’équilibre en deçà duquel l’acheteur est prêt à acheter et au-delà duquel le vendeur est prêt à vendre.

Quelque soit la technique utilisée, le problème de l’évaluation de l’entreprise se heurte à une approche peu rigoureuse de sa valeur marchande. Il est cependant clair que l’on ne peut prétendre trouver le prix unique et objectif d’une entreprise.

L’acheteur et le vendeur doivent se mettre d’accord sur les méthodes et sur le prix.

Les principes directeurs de l’évaluation conduisent à certaines règles telles que la recherche d’une valeur équitable et non un prix qui résulte de la force respective de négociation des parties entre elles.

L’entreprise a une valeur économique qui se compose de l’addition de deux valeurs :

  1. une valeur patrimoniale qui représente la somme des valeurs des éléments qui la composent,
  2. une valeur additionnelle qui se propose de traduire : 
    • soit l’ensemble des valeurs incorporelles (renommée, savoir faire, personnel compétent…),
    • soit la vocation de l’entreprise à faire des bénéfices. 

Les nombreuses méthodes d’évaluation diffèrent par la façon dont elles appréhendent cette valeur additionnelle.

Certaines approches la négligent :

  • Actif net comptable,
  • Actif net comptable corrigé,
  • Valeur substantielle brute,
  • Capitaux permanents nécessaires à l’exploitation,

D’autres approches permettent une approche de cette valeur additionnelle :

  • approche possible sans analyse :
    • valeur de rentabilité,
    • valeur de rendement.
  • approche possible avec analyse :
    • soit méthodes indirectes : méthode des praticiens allemands, méthode hambourgeoise
    • soit méthodes directes : méthode des anglo-saxons ou méthode de capitalisation du super-bénéfice, méthode de l’union européenne des experts-comptables ou méthode de la rente abrégée de goodwill.


Valeur économique = valeur patrimoniale + valeur additionnelle

V = ANCC (réévalué à la valeur d’utilité dans une perspective de continuité d’exploitation – les biens hors exploitation- les immobilisations incorporelles + les immobilisations en leasing ou en location longue durée) + Good will (approches : ANCC, VSB, CPNE, x…) + Les biens hors exploitation (évalués à la valeur vénale de réalisation nette avec incidence fiscale).

Good will = (B-tx)/i avec x qui peut être l’ANCC, la VSB, les CPNE, B le bénéfice retraité après impôt retraité, t le taux sans risque de rémunération du patrimoine , i le taux d’actualisation.

Une société c’est :

  • un patrimoine physique certain évalué à sa valeur d’utilité pour les biens utiles à l’exploitation sous déduction des dettes et corrigé de l‘IS. On l’appelle l’Actif Net Comptable Corrigé ANCC,
  • un patrimoine physique certain évalué à sa valeur vénale de marché pour les biens inutiles à l’exploitation,
  • une sur ou sous valeur incorporelle (goodwill, badwill) correspondant à la variation de résultat qui résulte de l’investissement dans l’entreprise.

Comment choisir la bonne méthode ?

En tout état de cause, pour bien évaluer une entreprise, il faudra :

  1. procéder à un diagnostic,
  2. établir un business plan,
  3. définir une approche patrimoniale,
  4. retraiter les résultats,
  5. sélectionner et appliquer les techniques de valorisation adaptées.

Procéder à un diagnostic :

Ce diagnostic aura pour objectif de vérifier à priori la viabilité du projet d’acquisition en fonction du marché et des avantages concurrentiels proposés par l’acheteur. Le vendeur est intéressé car la vente ne sera définitive qu’après un an d’exploitation et à condition que le chiffre d’affaires ait été conservé.

Etablir un business plan qui vérifie à priori l’équilibre des ressources et des emplois pour l’exploitation à venir

En partant des capacités d’autofinancement prévisionnelles et des prévisions d’emploi (investissements, variation du besoin ou de l’excédent en fonds de roulement, dividendes …) on déterminera les ressources additionnelles nettes nécessaires pour que le solde ressources emplois soit pour chaque période positif ou nul.

Définir une approche patrimoniale

Cette approche sera définie principalement en fonction des perspectives de financement de l’acheteur (ANCC Actif Net Comptable Corrigée, VSB Valeur Substantielle Brute ou CPNE Capitaux Permanents Nécessaires à l’Exploitation).

Retraiter les résultats passés ou prévisionnels en fonction de cette approche

Le bénéfice courant avant IS sera retraité dans tous les cas du hors exploitation, de l’anormal (rémunération excessive des dirigeants, prestations de services entre sociétés apparentées dans des conditions avantageuses…), de l’exceptionnel (amortissements dérogatoires, réévaluation, sauf courant d’apparence exceptionnel).

Selon l’approche patrimoniale choisie (ANCC, VSB ou CPNE), le crédit bail et les frais financiers suivront un traitement spécifique.

Sélectionner et appliquer les techniques de valorisation adaptées aux préoccupations des acheteurs et vendeurs

On retiendra principalement l’approche par les fruits : rentabilité ou rendement ou l’approche analytique (ANCC + Good Will + éventuellement les biens hors exploitation).

Déterminer une fourchette de valeur puis la valeur retenue pour la transaction

L’accompagnement d’un professionnel des comptes est alors indispensable pour déterminer la valeur « acceptable ».

Comparer si possible cette valeur avec le marché

Enfin, si cette étape est possible, il faudra comparer cette valeur avec celle que l’on aura généralement constaté sur le marché.

Conclusion

L’évaluation d’une entreprise nécessite des compétences techniques reconnues, une grande expérience de la vie des sociétés et une compréhension des attentes des vendeurs et acheteurs.

Notre technique d‘évaluation, utilisée dans nos missions de Commissariat aux apports, à la transformation, à la fusion et dans nos missions d’expertise comptable, applique avec pragmatisme les préceptes évoqués ci-dessus.

Nous disposons d’une longue expérience de ce type de mission acquise au cours de nos 40 années de pratique professionnelle d’abord comme consultant puis comme expert-comptable commissaire aux comptes.

Elle nous donne une démarche structurée utile pour l’aide à la négociation entre vendeurs et acheteurs.

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